
Volutes du Monde – Épisode 2 : Le murmure du narguilé
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Volutes du Monde – Épisode 2 : Le murmure du narguilé
Une pipe à eau, un art de vivre
Le narguilé — aussi appelé chicha, hookah, ghelyân ou arguilé — est bien plus qu’un objet. C’est un rituel social, un symbole d’hospitalité, une invitation à ralentir. Né il y a plus de 500 ans dans la région indo-persane, il s’est répandu dans les salons ottomans, les cafés du Caire, les maisons de thé iraniennes.
Le charme oriental : entre silence et parfum
Dans les salons feutrés, on s’installe sur des coussins moelleux. Le tabac, parfumé à la pomme, au jasmin ou au miel, est chauffé doucement. La fumée traverse l’eau, se refroidit, s’adoucit. On fume lentement, on parle peu, on écoute beaucoup. Le narguilé devient un pont entre les âmes, un antidote au tumulte.
Un objet sculptural
Le narguilé est souvent une œuvre d’art : verre ciselé, métal doré, tuyaux décorés, plateaux perlés. Chaque pièce reflète la culture qui l’a façonnée. En Syrie, les plateaux sont ornés de perles. En Iran, les tuyaux sont finement tressés. En Égypte, le corps du narguilé peut être en cuivre ou en cristal.
Le tabamel : une pâte aromatique
Le tabac utilisé, appelé tabamel, est un mélange de tabac (ou substitut), de mélasse, de miel et de pulpe de fruits. Il est chauffé à environ 450 °C, produisant une vapeur dense et parfumée. Certains mélanges sont sans nicotine, à base de pierres ou de gelée aromatisée.
Une tradition vivante
Aujourd’hui encore, le narguilé est au cœur des veillées berbères, des sahranes syro-libanaises, des cafés iraniens. Il incarne la convivialité, la co-présence, le respect du temps. On ne fume pas pour consommer, mais pour partager une bulle de lenteur.
Conclusion : une volute pour se retrouver
Le narguilé oriental est une parenthèse suspendue. Il invite à se poser, à écouter, à contempler. Dans sa fumée, il y a des histoires, des silences, des regards. Fumer le narguilé, c’est entrer dans un espace sacré, où chaque volute est une offrande à l’instant.